Le Chant des forets – Vincent Munier
Plongez dans le mystère des Vosges, là où la nature se dévoile dans toute sa splendeur. Le Chant des forêts…
Crédit image : On ne fait pas de pacte avec les bêtes – Justine Berthillot et Mosi Espinoza
Sur scène s’ouvre une forêt de présences symboliques et quotidiennes, habitée de voix multiples, de récits fragmentés, de fantômes et de figures mythologiques. On ne fait pas de pacte avec les bêtes n’énonce pas un discours : il fait éprouver. Par le corps, la voix, le son et l’acrobatie, les artistes laissent la forêt prendre le contrôle de la mise en scène.
Dans cet opéra-forêt, tout se métamorphose : les matières glissent, les récits s’entrelacent, les registres se superposent. Le spectaculaire n’est jamais gratuit ; il devient le lieu d’une tension permanente entre poésie, humour et tragédie, entre beauté et violence historique.
La dramaturgie du spectacle est traversée par un mouvement fondamental : ré-ancrer les corps dans la terre. Face à la brutalité des entreprises coloniales et extractivistes, à la logique dévorante de la domination, la pièce oppose un tissu de résistances sensibles, de récits vivants et de gestes incarnés.
En repeignant les ruines du Fitzcarraldo de Werner Herzog, en convoquant les figures d’Aguirre et les mythologies occidentales projetées sur l’Amazonie, Berthillot et Espinoza déconstruisent les récits héroïques de la conquête pour laisser émerger d’autres histoires — celles des luttes actuelles, mais aussi celles, plus anciennes et silencieuses, des arbres, des rivières et des animaux.
Acrobatie, chant, parole, musique et paysages sonores se mêlent dans un objet scénique polymorphe, résistant aux classifications. La scénographie, ample et immersive, devient un terrain de jeu et de friction, où les corps se confrontent à la matière, à la verticalité, au déséquilibre.
Cette hybridité formelle fait écho à la pluralité des mondes amazonien : humains et non-humains, visibles et invisibles, historiques et mythiques. Le spectacle ne cherche pas l’harmonie, mais assume les chocs, les ruptures et les contradictions, avançant avec obstination vers ce qu’il y a à défendre.
À la fois tragique et burlesque, physique et politique, On ne fait pas de pacte avec les bêtes est une épopée contemporaine qui interroge nos manières de faire monde, de raconter l’histoire et d’habiter les territoires. Une œuvre qui refuse les pactes faciles, et choisit la complexité, la résistance et l’amour comme moteurs de création.
Les prochaines dates :
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