festival BIOVIV’ART 2026
Les Caves Ecoiffier d’Alénya accueilleront la cinquième édition du Festival BIOVIV’ART, un rendez-vous désormais incontournable dans les Pyrénées-Orientales pour toutes…
Crédit image : The Book of Flowers, 2023 – Agnieszka Polska. © Agnieszka Polska
À la croisée du jeu, de la poésie et de la science-fiction, l’exposition explore les possibilités de collaboration entre espèces à travers des installations, films, sculptures et dispositifs sonores. Déployées dans une scénographie évoquant la forêt, les œuvres invitent à pénétrer un espace où productions naturelles, humaines et technologiques entrent en dialogue pour imaginer de nouvelles formes de coexistence.
Son titre, Le Singe et l’Argile, évoque à lui seul la rencontre entre l’animal et le minéral, entre le vivant et la matière. Cette image simple traduit l’un des fils conducteurs de l’exposition : l’interdépendance des êtres qui composent le monde. Inspirée par les réflexions contemporaines sur le « plus qu’humain » (more-than-human), l’exposition s’inscrit dans un courant de pensée qui remet en question la place centrale traditionnellement accordée à l’être humain et souligne l’existence de réseaux complexes reliant animaux, végétaux, minéraux et phénomènes atmosphériques.
Les artistes Tania Candiani (Mexique), Aki Inomata (Japon), Bagus Pandega (Indonésie), Agnieszka Polska (Pologne), Lin May Saeed (Irak–Allemagne), Shimabuku (Japon), Jessica Warboys (Royaume-Uni), Trevor Yeung (Hong Kong) et Robert Zhao Renhui (Singapour) réunis par la commissaire Emilie Villez interrogent ainsi les possibilités et les limites de la collaboration avec le non-humain. Héritières des expérimentations du Land Art, des mouvements écologistes et de différentes traditions de pensée holistiques, leurs pratiques déplacent la figure de l’artiste : moins maître ou conquérant de la nature que partenaire, observateur ou médiateur. Cette collaboration demeure toutefois traversée de tensions. Comment établir une relation réciproque avec des êtres qui ne partagent ni notre langage ni nos modes de perception ? Où se situe la frontière entre coopération et instrumentalisation ? L’exposition ne prétend pas apporter de réponse définitive à ces questions, mais propose une série d’expériences sensibles et spéculatives qui ouvrent de nouveaux horizons.
Certaines œuvres reposent sur l’écoute, l’attention et l’adresse au vivant. D’autres intègrent l’aléatoire et les capacités d’action d’organismes non humains dans leur processus de création. D’autres encore mobilisent la fiction, le récit alternatif ou les technologies contemporaines pour imaginer des futurs écologiques possibles. Ensemble, elles composent un paysage de réflexions où l’art devient un outil pour réinventer notre rapport au monde.
À rebours des représentations conventionnelles de la nature comme décor ou ressource, Le Singe et l’Argile met en avant des pratiques artistiques qui cultivent une imagination écologique et politique. Entre observation attentive, spéculation et récit, les œuvres présentées invitent à envisager le vivant comme un ensemble de relations à entretenir plutôt qu’un environnement à exploiter.
En faisant dialoguer animaux, plantes, matières, machines et humains, l’exposition esquisse ainsi les contours d’une communauté élargie, fondée sur la coopération plutôt que sur la domination. Comme le rappelle la citation de La Fontaine qui accompagne le parcours – « Il faut s’entraider, c’est la loi de la nature » -, l’exposition nous invite à repenser les formes d’entraide qui pourraient rendre possible un avenir partagé.
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