festival BIOVIV’ART 2026
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Crédit image : © Nicolas Floc’h, Paysages productifs, Initium Maris, île de Molène, – 4 mètres, 2019 I ADAGP, Paris, 2026
Figure majeure de la scène contemporaine française, Nicolas Floc’h développe depuis plus de quinze ans une œuvre à la croisée de l’art, de l’écologie et de la recherche scientifique, transformant notre perception de l’eau et des écosystèmes qu’elle abrite.
À travers un parcours réunissant photographies, vidéos, sculptures et installations, Hydroscape rassemble plusieurs séries emblématiques qui témoignent d’une enquête au long cours sur les paysages aquatiques. Loin de considérer l’eau comme une simple surface ou un décor naturel, Nicolas Floc’h la révèle comme un territoire vivant, complexe et profondément structuré.
L’originalité du travail de Nicolas Floc’h réside dans sa capacité à rendre visibles des réalités habituellement inaccessibles. Ses plongées photographiques dans les océans, les estuaires ou les rivières dévoilent des habitats souvent méconnus : forêts sous-marines, prairies aquatiques, récifs, champs d’algues ou zones de transition où cohabitent de multiples formes de vie.
À travers la série Paysages productifs, l’artiste documente ces écosystèmes essentiels qui participent à l’équilibre de la planète. Les herbiers marins, les laminaires ou les récifs apparaissent alors comme de véritables paysages, comparables à des forêts ou des plaines terrestres. Ces milieux, souvent invisibles aux yeux du grand public, jouent pourtant un rôle fondamental dans la captation du carbone, la préservation de la biodiversité et la régulation climatique.
En révélant leur beauté et leur complexité, Nicolas Floc’h nous invite à élargir notre définition du paysage et à reconnaître l’importance écologique de ces mondes immergés.
L’un des axes majeurs de l’exposition porte sur la couleur de l’eau. Depuis plusieurs années, l’artiste développe un travail photographique qui consiste à enregistrer les variations chromatiques des fleuves, des mers et des océans. Ces nuances de bleu, de vert, de brun ou de gris ne sont jamais anodines. Elles traduisent la présence de sédiments, de phytoplancton, de matières organiques ou encore les effets des activités humaines sur les milieux aquatiques. La couleur devient ainsi un indicateur écologique, une manière de lire les transformations du vivant à travers la lumière. Entre abstraction picturale et observation scientifique, ces images proposent une nouvelle cartographie sensible des territoires aquatiques. Elles montrent que l’eau possède sa propre matérialité, ses rythmes et ses dynamiques, révélant les mutations environnementales en cours.
À travers Hydroscape, Nicolas Floc’h développe une véritable écologie du regard. Son travail ne cherche pas seulement à documenter des phénomènes naturels, mais à modifier notre manière d’entrer en relation avec eux.
Les structures biologiques, les architectures sous-marines et les variations chromatiques deviennent autant d’indices permettant de comprendre la fragilité et la richesse des écosystèmes aquatiques. L’exposition met ainsi en lumière les liens étroits entre esthétique et connaissance, entre émotion et compréhension scientifique.Cette approche s’inscrit dans une réflexion plus large sur les conséquences des changements climatiques et des activités humaines sur les milieux marins et fluviaux. Sans discours alarmiste, l’artiste donne à voir des paysages en transformation et invite chacun à prendre conscience de leur valeur écologique.
En faisant dialoguer création artistique et recherche scientifique, Hydroscape renouvelle profondément notre relation à l’eau. Celle-ci n’apparaît plus comme une simple ressource ou un élément du paysage, mais comme un espace habité, traversé par des interactions complexes entre organismes, matières et phénomènes physiques.
À la Fondation François Schneider, l’exposition compose ainsi une vaste traversée des mondes aquatiques, entre contemplation et connaissance. Nicolas Floc’h y révèle une géographie discrète mais essentielle : celle des paysages invisibles qui soutiennent les équilibres du vivant et dont dépend, en grande partie, notre avenir commun.
Face à ces images où la science rencontre la poésie, le visiteur est invité à regarder autrement ce qui coule, circule et relie les êtres. Une immersion sensible dans les profondeurs d’un monde que nous croyons connaître, mais qui demeure encore largement à découvrir.
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