Semons nos résistances – MAIF SOCIAL CLUB
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Crédit image : ©Fabrice Gaboriau 2026
Fruit de quatre années de recherche, Eaux vives prend la forme d’un polyptyque monumental composé de cinq bas-reliefs réalisés en papier de fibre de mûrier, teinté par l’artiste. Par l’assemblage patient de dizaines de milliers de feuilles colorées, Caroline Desnoëttes compose un paysage en perpétuelle circulation, où se rencontrent cieux et abîmes, forêts, fonds marins, nuées et écumes.
L’œuvre plonge ainsi dans une matière à la fois familière et mystérieuse : l’eau, berceau de toute vie et élément essentiel à l’équilibre des écosystèmes. Inspirée notamment par le récit de la Genèse, l’exposition explore cette dimension originelle de l’eau et sa portée spirituelle, tout en faisant écho aux enjeux contemporains liés à sa préservation.
À la dimension plastique s’ajoute une recherche menée à la croisée de l’art et des sciences. L’exposition intègre notamment une création sonore développée avec le bioacousticien Olivier Adam, ainsi qu’un dispositif lumineux nourri par des données océaniques issues des flotteurs Argo, collectées par l’océanographe Virginie Thierry, chercheuse à l’Ifremer. Caroline Desnoëttes s’est également entourée de plusieurs chercheurs, parmi lesquels Thierry Aubin, Philippe Potin et Jean-Luc Audic, afin de faire dialoguer savoirs scientifiques et expérience sensible. Cette approche interdisciplinaire cherche moins à expliquer le vivant qu’à en révéler la complexité et les dimensions invisibles. Sons, lumières, matières et données scientifiques se rencontrent pour faire émerger une perception renouvelée des milieux aquatiques et de leur fragilité. Pensée dans une démarche attentive à son propre impact, la création a également été conçue pour limiter les ressources matérielles et énergétiques nécessaires à sa réalisation. Une attention qui prolonge le propos de l’exposition : contempler l’eau, c’est aussi prendre conscience de ce qui nous relie à elle et de la nécessité de la préserver.
Pendant toute la durée de l’exposition, des rencontres avec l’artiste et les scientifiques permettront de prolonger cette réflexion, tandis qu’une œuvre collective invitera les visiteurs à prendre part à l’expérience. Une programmation destinée au jeune public accompagnera également le projet, avec notamment un atelier de chant consacré à « l’eau vive » et une exploration de la mer à travers les arts.
Avec Eaux vives, Caroline Desnoëttes ouvre ainsi un espace de contemplation et de dialogue où l’art devient un moyen de renouer avec une réalité fondamentale : l’eau n’est pas seulement une ressource, mais une condition du vivant, une mémoire du monde et un milieu que nous avons la responsabilité de préserver.
INFORMATIONS :
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