Appel à résidences – les Nuits des Forêts 2026
En 2026, le festival Nuits des Forêts invite les artistes à prêter l’oreille au vivant. À travers un appel à…
Crédit image : Morgane Porcheron, Colonnes fragmentées, 2024.
L’exposition collective, organisée par l’association MINERVA et curatée par Francesca Rozzi, réunit les œuvres de Gohar Martirosyan, Morgane Porcheron et Babette Robertson.
Loin d’une vision d’une nature fragilisée et passive, l’exposition donne à voir un monde vivant actif, parfois insaisissable, qui surgit dans les interstices des paysages transformés par l’homme. À travers des pratiques plurielles – vidéo, installation sonore, peinture, sculpture – les artistes explorent les zones de friction entre action humaine et dynamiques naturelles, là où se jouent disparition, mémoire et renouvellement.
Le parcours s’ouvre sur les œuvres immersives de Gohar Martirosyan. Avec Inaccessible Depths, installation vidéo et sonore mêlant images de synthèse et archives, l’artiste convoque la mémoire de lieux aujourd’hui inaccessibles, comme la carrière de Romainville. Ces espaces marqués par l’exploitation humaine deviennent des paysages fantômes, où le temps géologique reprend ses droits. En articulant technologie, mémoire et récit personnel, Martirosyan interroge l’empreinte éphémère de l’humanité face à des temporalités qui la dépassent. Son travail, nourri par son expérience du déplacement et de la perte, inscrit la question écologique dans une réflexion plus large sur l’effacement, l’exil et la continuité culturelle.
Chez Morgane Porcheron, la nature se manifeste à travers la matérialité même des œuvres. Sculptures en plâtre ou en céramique, empreintes végétales, structures évolutives : son travail s’ancre dans l’observation attentive des zones de passage, des marges urbaines où le végétal s’infiltre et résiste. Avec Couches végétales ou Colonnes fragmentées, l’artiste capte des fragments de paysages en mutation, révélant les processus d’altération, d’enfouissement et de surgissement. La nature n’y est jamais figée : elle agit, transforme et reconfigure les formes, parfois sous nos pieds, souvent hors de notre champ de vision.
La peinture de Babette Robertson prolonge cette réflexion à travers une approche sensible et presque archivistique du vivant. Sa série Fallen Trees, commencée en 2022, s’appuie sur la collecte de coordonnées GPS d’arbres tombés, en écho au projet 7000 Oaks de Joseph Beuys. À la fois hommage et constat, ces peintures interrogent la responsabilité humaine dans la destruction des écosystèmes, tout en soulignant leur capacité de résilience. La marche, centrale dans sa démarche, devient un outil d’observation et de rencontre avec des paysages façonnés par l’activité humaine mais toujours traversés par des forces organiques.
En filigrane de l’exposition, une question essentielle se dessine : comment cohabiter avec un monde vivant qui ne se laisse ni dominer ni réduire à un simple décor ? Là où la nature persiste invite à un déplacement du regard, à une attention portée aux formes discrètes, instables et parfois dérangeantes de la nature contemporaine. En écho aux réflexions de l’écologiste Tim Flannery, l’exposition rappelle que la nature ne disparaît pas : elle se transforme, persiste et échappe sans cesse aux cadres que nous tentons de lui imposer.
Portée par l’association MINERVA, dédiée à la promotion de la création contemporaine féminine émergente, l’exposition affirme également un engagement politique et culturel fort : celui de faire entendre des voix artistiques qui repensent notre relation au vivant, à partir de récits situés, sensibles et profondément ancrés dans le réel.
Informations :
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